Association Culturelle Les Spectres

Felwynn - Tome 2 - L'Ombre de nos Pères

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Les Spectres Index du Forum -> Projets en développement -> Les Secrets d'Ashcroft -> Nouvelles -> Nouvelles [Tome 2]
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Felwynn
Membre du Bureau


Inscrit le: 04 Aoû 2011
Messages: 1 203
IRL: Luca BOBENRIETH
Sexe: Masculin
Spécialité: Graphisme, illu et V
Localisation: Verdun

MessagePosté le: Mer 4 Fév - 16:50 (2015)    Sujet du message: Felwynn - Tome 2 - L'Ombre de nos Pères Répondre en citant

Introduction de la nouvelle, dispensable.
Citation:
Cette affaire, survenue en 1887, n'a pas fait l'objet d'un rapport d'enquête en bonne et due forme. La situation particulière dans laquelle se trouvait alors l'institut, le climat politique de l'époque et l'acharnement de Bane à enquêter contre l'avis général ne laissèrent d'abord, comme traces des événements, que des documents administratifs internes remplis à la hâte. Mais devant l'insistance de la nouvelle direction de l'institut, Bane finit par rédiger une courte note à l'attention de la Reine Victoria elle-même.
Ce n'est qu'un an plus tard qu'Eckhart Bane compilera des passages de son journal personnel pour les intégrer au récit plus précis de ses souvenirs. S'il effectue ce travail à la demande d'Anthea Gladstone, il en fait une copie qu'il intègre au dossier de l'enquête.


PART. I
Citation:
L'OMBRE DE NOS PÈRES

Addendum au dossier N°121887B

Malgré l'exaspération dont je fis preuve l'an dernier devant l'obsession de nos mécènes, je suis soulagé aujourd'hui que leur empressement m'ait épargné la lourde tâche de trouver un nouveau directeur pour l'institut.
On me sommait à l'époque de prendre mes responsabilités, de prendre la place qui me revenait et qui m'aurait permis de ne pas avoir à répondre de mon enquête illégale. Puis on me pressait de faire oublier l'incident en rédigeant un rapport détaillé afin de donner l'illusion d'un soutient de nos dirigeants.
Voilà les raisons pour lesquelles je n'ai daigné rédiger aucun document sur le moment.
À présent, et à la demande du docteur Gladstone, je vais revenir sur les événements de décembre 1887. Mais je me dois de préciser que ma version des faits a peu de chances de concorder avec celles de chacun de mes collègues.
La mort de mon père m'a laissé - est-il utile de le préciser? dans un état de mélancolie assez préoccupant pour tous mes proches, et livrer après-coup une version objective et détaillée me semble très difficile. C'est la raison pour laquelle une grande partie du texte est extraite de mon journal, à laquelle je n'ai apporté aucune modification majeure, sinon syntaxique; il y est souvent question de mes sentiments et de mes égarements. Ainsi ne cacherai-je point mon insubordination d'alors sous un voile de faux bon-sens.

12 décembre 1887

Le ciel s'était fermé en une voûte sombre et opaque qu'aucun soleil n'aurait pu percer, et le froid avait envahi toute l'Europe en l'espace d'une semaine.
L'hiver 1887, tardif mais vigoureux, contrebalançait la douceur exceptionnelle de son prédécesseur.
C'était la fin de l'après-midi, et, comme le veut l'époque, la lumière du jour avait déjà rendu les armes.
Alors que je revenais de Londres, où j'avais eu un entretien avec nos Royaux créanciers, j'arpentais les rues d'Oxford en profitant des joies que m'offrait la saison.
La neige déposée sur les toits et les routes confondait ciel et terre et découpait le paysage urbain comme si un couteau bien affûté avait lacéré la réalité et laissé des vides dans l'espace. Le manteau de minuscules cristaux de glace étouffait les sons ambiants, et les éclairages à gaz peinaient à éclairer à plus de quelques mètres. Malgré tout cela, le paysage me semblait plus clair, le lointain bien plus distinct qu'en plein jour.
Une grande partie des gens avait abandonné les rues pour rester à l'abri, de nombreuses voitures et des charrettes restaient immobilisées devant les entrées ou sous les arches, privées d'attelage. Les quelques badauds qui restaient à l'extérieur, blottis contre les murs, ne bougeaient presque pas. Parfois, seule la buée qu'ils expiraient trahissait leur présence.
Cette ambiance de pénombre et de silence avait toujours été pour moi un cadre béni, qui m'emplissait d'une tranquillité bienvenue avant le début de l'année suivante, et rien n'était plus reposant pour moi que l'idée du craquement discret de la neige sous mes chaussures comme seul bruit sur lequel porter mon attention.

Je quittai George Street lentement, puis marchai jusqu'à la la façade de Worcester College avant de tourner vers Beaumont Street. Une fois dans notre bonne vieille St John's Street, je m'imaginai confortablement assis, discutant des créances de l'institut avec mon père et Lucius près de la cheminée du grand salon. Puis, comme j'arrivais à Wellington Square et à l'entrée de l'institut, je me fis la réflexion qu'une fois mes affaires déballées, les discussions terminées et nos verres à whisky vidés, j'aurais tout loisir de passer le début de soirée dans le petit parc avant de voir arriver Largo qui me proposerait mille et une sorties au théâtre ou dans un restaurant pour clore cette journée peu mouvementée.
Mais comme je passais la porte de l'institut, mes rêveries s'interrompirent.

Dans le vestibule, plongé dans le noir, je m'orientais uniquement par automatismes. La routine me donnait l'illusion d'entendre les échos d'une discussion animée entre Sammoth et Jenkins. Elle ne me laissait même plus le privilège d'être surpris par les arrivés silencieuses de Mr Bilgewater, notre majordome.
Aussi son absence et le silence total qui m'accueillirent, loin de contribuer à la paix de mon esprit comme le calme qui régnait dehors, me firent tressaillir.
J'avançai dans le hall à pas feutrés, je m'en rappelle, et comme mes yeux s'étaient déjà habitués à la pénombre, je détaillai la pièce avec minutie, à l'affût du moindre autre détail inhabituel. Avec tout ce que l'institut conservait de dangereux et d'imprévisible, ma réaction n'avait, je puis l'assurer, rien d'exagéré. Elle me rappelait à quel point les petites routines du personnel d'Ashcroft ne viennent pas de nulle part, à quel point leur moindre variation est comme un signal d'alerte.
Lorsque j'entendis distinctement des pas lents en provenance du petit salon, juste à ma droite, je me tournai vers la porte et me tins immobile, mais prêt à agir si nécessaire.
Largo, dans sa surprise de me trouver juste devant lui, fit un tel bond en passant la porte! Je craignis de la voir sortir de ses gonds, mais ne pus réprimer un soupir de soulagement. Lui, par contre, prit un air grave et triste qui m'inquiéta derechef.

— Eckhart... murmura-t-il.


PART. II
Citation:
Mon père, Phyneas Bane, était mort dans la nuit, foudroyé, selon le docteur, par un de ces maux imprévisibles et fulgurants. Son cœur avait cessé de battre dans son sommeil.
Tout le monde s'était réuni dans le grand salon dans la journée, attendant silencieusement mon retour de Londres. On me demanda si je voulais voir mon père. Je ne répondis rien. On me conduisit à sa chambre.
J'aimerais dire que je me souviens de ce que je pus ressentir alors, mais à dire vrai, je n'ai même aucun souvenir de ce que je vis.
Abandonnant mes collègues, qui avaient de toute façon fait tout le nécessaire depuis le matin, je poursuivis la soirée isolé dans le cabinet de mon père, triant ses rapports.
Je rangeai machinalement le document de créance dans le porte-dossiers prévu à cet effet. Je plaçai ensuite soigneusement les derniers rapports d'enquête, validés par mon père la veille de son décès, puis j'entrepris de rassembler ses effets personnels sur un côté de son large bureau, avant de m'asseoir enfin sur l'un des trois fauteuils installés dans la pièce, fixant mon regard sur le grand portrait de Reynard Ashcroft qui trônait fièrement au-dessus de la cheminée depuis la fondation de l'institut.
Les pensées éphémères se succédaient dans ma tête à la vitesse de la faible lumière des lampes. Je regardais la toile sans la voir comme d'aucuns se perdent dans la contemplation d'un Christ en Croix, sans pour autant prêter au fondateur de l'institut le moindre pouvoir divin ni la moindre dimension sacrée. Détailler les touches, les nuances, la brillances du vernis craquelé par la chaleur des feux de cheminée ne faisait que mettre une distance entre mon esprit perdu et mon corps fatigué.
Plusieurs fois, je faillis me lever et partir, quitter la pièce, l'institut, Wellington Square et Oxford, courir loin, "faire quelque chose". Mais toujours, mon esprit logique, impartial, me retenait:
"Courir? Pour quelle raison, pour aller où? Et que faire ensuite? Tu es ridicule."
Alors que ma voix intérieure avait trouvé un passe-temps de choix dans le fait de m'insulter dès que mes pensées s'égaraient trop loin, j'entendis Anthea entrer dans la pièce. Elle me demanda si j'avais besoin de quoi que ce soit, et malgré les myriades de mots, d'idées, de concepts et de phrases qui emplissaient ma tête à ce moment-là, je ne trouvai pas la moindre ressource en moi pour lui répondre. Largo passa me voir à son tour un peu plus tard. Il dut m'expliquer qu'étant donné les circonstances, il n'aurait pas la force de sortir, qu'il s'excusait de ne pas pouvoir me soutenir outre mesure ou me changer les idées, ce qui lui ressemblerait bien, mais j'entendais les mots sans les écouter. Sans doute quitta-t-il la pièce à reculons, s'excusant paradoxalement de m'avoir dérangé, moi, qui n'avais pas même daigné tourner mon regard vers lui.
Minuit approchait quand je fus tiré de ma transe. Peut-être m'étais-je endormi, car je ne me souviens pas avoir entendu entrer qui que ce soit; je crois avoir sursauté plus haut encore que Largo en début de soirée lorsque Lucius me secoua par l'épaule:

— Allez vieille branche, s'écria-t-il, revenez dans le monde physique un moment! Vous nous faites pitié à voir et vous inquiétez Jenkins, là en bas. Venez donc avec nous prouver à tout le monde que vous êtes parmi nous. Nous avons perdu assez d'un seul Bane pour aujourd'hui mon vieux.
— Ce n'est pas comme cela qu'on s'adresse aux endeuillés, dis-je. Les mots semblaient jaillir de ma bouche sans que j'aie pu les formuler dans ma tête.
— Vous n'êtes pas endeuillé, pour le moment, vous êtes sous le choc, me répondit un Sammoth plein de sollicitude. C'est Anthea qui l'affirme, s'empressa-t-il de rajouter, craignant sans doute mon regard noir.
— Vous n'avez même pas bu votre whisky, d'ailleurs.

Lucius semblait satisfait de sa conclusion.
Je suivis mes deux collègues; nous descendîmes les escaliers et pénétrâmes dans le grand salon où Bilgewater s'empressa de me servir de quoi nourrir un régiment. Lucius sortit notre whisky préféré et nous en versa une bonne rasade à chacun. Tout le monde semblait rassuré de me voir parmi eux, et je pris soudain conscience de mes muscles enfin détendus. Je n'avais fait aucun cas de ma crispation durant les dernières heures, mais je sentais à présent à quel point j'en revenais exténué. Je faillis boire mon verre cul-sec avant d'engloutir une part de pudding grosse comme mon poing et repris peu à peu conscience de la vie autour de moi.
Le sourire de connivence de Largo me fit chaud au cœur, le renouveau de la discussion entre Anthea et Jenkins me fit revenir à la vie et le clin d'œil de Lucius, qui levait son verre aux défunts fondateurs de notre institut, libéra enfin mes larmes. Nous trinquâmes avec plus de joie que de tristesse et nous sûmes que nous trouverions tous le sommeil sans difficulté, que nous allions laisser notre amitié chasser la mélancolie, et que les ennuis, de toute manière, ne commenceraient que le lendemain.

_________________
Mais pas trop.


Dernière édition par Felwynn le Jeu 5 Fév - 22:14 (2015); édité 11 fois
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mer 4 Fév - 16:50 (2015)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Loreena Ruin
Membre du C.A.


Inscrit le: 04 Aoû 2011
Messages: 717
IRL: Lisa
Sexe: Féminin
Spécialité: Poésie, correction

MessagePosté le: Mer 4 Fév - 20:24 (2015)    Sujet du message: Felwynn - Tome 2 - L'Ombre de nos Pères Répondre en citant

Seule remarque pour le moment : fais la chasse aux "que", "ne...que" et "qu'" qui alourdissent pas mal l'expression à plusieurs endroits et ce sera juste parfait pour la partie "journal" de ce premier extrait. Un style que je t'envie.

Le paragraphe en italique au début me parait un peu inutile, je l'avoue, pour le lecteur : l'addendum, en ajoutant quelques détails ou notes, devrait suffire... là, les deux pavés d'explications avant d'entrer dans le vif du sujet me semblent se répéter un peu. Moi, ça ne me gêne pas car l'histoire de l'institut et de Bane m'intéressent mais pour le lecteur lambda, on pourrait presque commencer directement dans le journal.

A toi de voir en fonction des autres commentaires.
_________________
"So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past." (F. S. Fitzgerald)


Revenir en haut
Skype
Felwynn
Membre du Bureau


Inscrit le: 04 Aoû 2011
Messages: 1 203
IRL: Luca BOBENRIETH
Sexe: Masculin
Spécialité: Graphisme, illu et V
Localisation: Verdun

MessagePosté le: Mer 4 Fév - 20:34 (2015)    Sujet du message: Felwynn - Tome 2 - L'Ombre de nos Pères Répondre en citant

Ok, paragraphe peu important donc. Je le laisse dans le texte pour l'instant, en sachant qu'il n'est pas indispensable.

Pour les "que", j'ai repris le texte pour alléger au maximum les formulations.
_________________
Mais pas trop.


Revenir en haut
Loreena Ruin
Membre du C.A.


Inscrit le: 04 Aoû 2011
Messages: 717
IRL: Lisa
Sexe: Féminin
Spécialité: Poésie, correction

MessagePosté le: Sam 7 Fév - 14:30 (2015)    Sujet du message: Felwynn - Tome 2 - L'Ombre de nos Pères Répondre en citant

Davantage de remarques sur cette PART II, un peu plus maladroite à mon sens. Les choses entre parenthèses me semblent inutiles car déjà sous-entendues par le texte ou les actions du personnage ou alors juste parce qu’elles alourdissent le texte :

Tout le monde s'était réuni dans le grand salon (dans la journée), attendant silencieusement mon retour de Londres.

ce que je pus ressentir => ce que je ressentis

je poursuivis la soirée => l’expression me semble maladroite

j'entrepris de rassembler ses effets personnels sur un côté de son large bureau, avant de m'asseoir enfin sur l'un des trois fauteuils installés dans la pièce, => trop de « sur » dans ce passage.

à la vitesse de la faible lumière des lampes => les lumières de lampes sont fixes, à moins qu’elles ne grésillent, auquel cas, il faut le préciser. L’image ne fonctionne pas dans le cas contraire.

Je regardais la toile sans la voir comme d'aucuns se perdent dans la contemplation => « comme d’aucuns » passe mal, « comme certains » râperait moins la langue.

la brillances

mon esprit (perdu) et mon corps fatigué.

Alors que ma voix intérieure avait trouvé un passe-temps de choix dans le fait de m'insulter dès que mes pensées s'égaraient trop loin, => je pense que cette phrase peu être simplifiée.

il n'aurait pas la force de sortir, => je n’ai pas compris ce que tu voulais dire par là, sur Largo, ce n’est pas clair.

moi, qui n'avais pas même daigné tourner mon regard vers lui. => la virgule derrière « moi » n’est pas nécessaire.

— Allez vieille branche, s'écria-t-il, revenez dans le monde physique un moment! Vous (nous) faites pitié à voir et vous inquiétez Jenkins, là en bas. Venez donc (avec nous) prouver à tout le monde que vous êtes parmi nous. Nous avons perdu assez d'un (seul) Bane pour aujourd'hui, mon vieux.
— Ce n'est pas comme cela que l'on s'adresse aux endeuillés, dis-je. Les mots semblaient jaillir de ma bouche sans que j'aie pu les formuler dans ma tête.
— Vous n'êtes pas endeuillé, pour le moment, vous êtes sous le choc, me répondit un Sammoth plein de sollicitude. => précise ici que Bane n’avait pas remarqué la présence de Sammoth parce que sinon, il a l’air de sortir de nulle part. On est persuadé qu’il n’y a que Lucius.

C'est Anthea qui l'affirme, s'empressa-t-il d’(e r)ajouter, craignant sans doute mon regard noir.
— Vous n'avez même pas bu votre whisky(, d'ailleurs).

Lucius semblait satisfait de sa conclusion. => pourquoi ce passage à la ligne ? on a un doute sur qui parle, du coup.

Bilgewater s'empressa de me servir de quoi nourrir un régiment. => formulation un peu lourde

Lucius sortit notre whisky préféré et nous en versa une bonne rasade à chacun => à qui renvoie "nous" et « à chacun » ? J’ai du mal à comprendre qui est dans la pièce.

Tout le monde semblait rassuré de me voir (parmi eux)

le renouveau de la discussion entre Anthea et Jenkins me fit revenir à la vie => hein ? c’est quoi un « renouveau » de discussion ? je ne comprends pas de quoi parle Bane ici.
_________________
"So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past." (F. S. Fitzgerald)


Revenir en haut
Skype
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:25 (2017)    Sujet du message: Felwynn - Tome 2 - L'Ombre de nos Pères

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Les Spectres Index du Forum -> Projets en développement -> Les Secrets d'Ashcroft -> Nouvelles -> Nouvelles [Tome 2] Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com