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Du fond du coeur (Secteur 11)

 
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Jaze
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MessagePosté le: Lun 2 Avr - 10:49 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Edit : texte fini, cf. plus bas.

Yo,

Voilà j'ai voulu écrire une nouvelle, et j'ai en fait du mal à continuer. Du coup, je poste la moitié ici, afin que vous puissiez peut-être me conseiller.

Ce chapitre s'intitule "Du fond du coeur" et met en scène une alternance entre la présence de Terrence sur Aether et des flashbacks de sa vie passée qui lui reviennent en tête après les choix difficiles et meurtriers qu'il a du faire.

Du fond du coeur



La neige crissait sous leurs pas. Les cristaux glacés, qui, doucement, retombaient des arbres en de petits tourbillons immaculés venaient se déposer sur la chevelure auburn de Victoria, et fondre en silence. Des gouttelettes s’accrochaient à son visage avant de couler le long de son cou, ou d’être absorbées par son écharpe rouge à moitié détruite.
La splendeur des platanes blancs et de leurs branches mortes n’avait d’égal que la beauté de son visage, et la résonnance de son rire franc suffisait à briser le calme apparent de toute la rue.

Les pas qu’ils faisaient dans la couche neigeuse mettaient parfois à découvert des morceaux de pavés tantôt gris, tantôt rosâtres. Des nuages s’amoncelaient et camouflaient les pâles rayons du soleil, avant de se désagréger et de disparaître pour toujours.

Un petit oiseau aux ailes bleues et au ventre blanc vint se déposer sur une branche située non loin et jeter quelque chose dans son nid. Victoria ne put s’empêcher de le scruter longuement, de l’analyser et de suivre le moindre de ses mouvements, avant de le pointer du doigt. Elle le regarda ensuite s’envoler et s’éloigner jusqu’à ce qu’une bourrasque de vent ne vienne perturber sa vue et la faire cligner fortement des yeux.

Il leur restait au moins une heure avant le début du couvre-feu et au moins trois heures avant la tombée de la nuit, de quoi profiter encore de la journée.

Ils continuèrent de progresser dans la rue mais n’y croisèrent personne. Victoria senti une main se propager le long de son dos et frissonna, puis referma le haut de son manteau gris et vert foncé à l’aide de ses mains nues pour se protéger davantage du froid. Un pas après l’autre, doucement, ils foulaient le sol encore pur et se laissaient envahir par la douceur de ce moment.

Après trente minutes de marche lente, les jeunes amoureux débouchèrent sur un embranchement menant à un quartier qui leur était interdit, et se mirent d’accord pour rebrousser chemin et esquisser dans la neige le début de leur retour chez eux.

Victoria brisa à nouveau le silence assourdissant de la rue avec une blague, et alors qu’elle continuait par son discours habituel sur la liberté, auquel elle ajoutait parfois une pointe d’énervement, une main posée sur son visage lui proposa d’en arrêter là et de profiter à nouveau de l’ambiance hivernale qui les entourait.

Devant être rentrés avant le début du couvre-feu, ils accélérèrent leur cadence, et bien que cette nouvelle allure réchauffait peu à peu leurs corps, un souffle froid leur arrivant de face s’engouffra dans leurs vêtements et glaça leur peau. Victoria en rit, avant de secouer doucement la tête en regardant ses pieds, et alors que son sourire disparaissait, son visage devint flou et la brume avala les arbres, la route pavée et le ciel bleu.





Terrence se releva et grimaça en essayant de se protéger du sable qui lui arrivait dans le visage. Il frotta avec sa main droite son long manteau de cuir brun foncé pour le dépoussiérer, le réajusta, et se remit en marche. Derrière lui, les grands bâtiments de métal s’effaçaient peu à peu dans la pénombre et le sable. La sirène retentit alors, les notes graves qu’elle dégageait se mêlaient au son du vent qui soufflait et du gravier qui venait s’écraser contre la lourde porte de titium, et lorsque Terrence se retourna pour regarder le mur d’enceinte de la base planétaire, il aperçu le gyrophare vert vif se mettre en marche et accompagner le rythme lent de l’alarme.

Bien que la chaleur étouffante d’Aether le faisait suer, et que son atmosphère terriblement lourde perturbait sa respiration, il ne s’arrêta pas de marcher et longea l’épave de frégate à moitié ensevelie qui lui était apparue.

La semelle de ses chaussures frottait le gravier et le sable, et grinçait de moins en moins fort à mesure que sa cadence ralentissait. Il contempla l’espace aride qui s’offrait à lui, la roche brune qui se ternissait alors que le soleil se couchait davantage, le sable qui dansait sa valse mortelle au dessus du sol, les maigres plantes qui mourraient, cachées par l’air devenu flou à cause de la chaleur, et soupira une fois, puis une deuxième.

Il se dirigea sur sa droite, vers la petite colline, et quand il progressa, il entendit des bruits d’explosion, de laser et de blindage qui se perce. Ils venaient de partout et de nulle part à la fois, et se brouillaient de temps en temps. Peut-être que son esprit lui jouait des tours, en tout cas, le vacarme de la mécanique et de la guerre n’était finalement plus qu’une habitude pour tous ceux qui menaient la même vie que lui ici.

La lumière était presque partie et Terrence envisagea de gravir la colline au pied de laquelle il se trouvait désormais. Une dizaine d’enjambées lui suffit pour arriver au sommet et surplomber la cuvette asséchée située de l’autre côté, où il pu admirer ce qu’il était venu voir au calme une dernière fois.

Le vent soufflait toujours plus fort et le sable l’agressa encore. Terrence passa lentement la main le long de sa nuque irritée, derrière ses cheveux noirs d’ébène déjà trop longs pour lui.
Un petit tourbillon de sable se forma non loin. Terrence le regarda s’élever peu à peu et avaler d’autres particules pour grossir.
Il posa ensuite le regard en contrebas, puis, entendant un bruit sourd s’approcher de lui, il anticipa le coup de vent et, se laissant dépasser par le sable qui s’envolait alors, il tendit timidement la main pour briser les filaments de sable ocre qui tentaient de rejoindre la voûte céleste dominant la planète.





Mais sa main atterrit dans les cheveux de Victoria. Il tendit la tête derrière la sienne, saisi la brindille coincée entre ses mèches et l’enleva proprement de sa chevelure.

« Il fait meilleur ici, non ? », demanda-t-elle.

Terrence conserva son air songeur et acquiesça. Lorsqu’ils parlaient, de la fumée sortait de leur bouche et de la buée se formait sur la vitre gelée qu’ils collaient presque.

Bien que les navettes communes fussent le seul moyen de transport ici, le véhicule était presque vide. De vagues silhouettes grises faisaient parfois leur apparition, puis s’effaçaient avant même que leur présence ne puisse être remarquée.
A l’extérieur, l’on pouvait apercevoir le défilé monotone des platanes morts, des navettes blanches et des immeubles de pierre. Des taches grises se déplaçaient sans but et ce qui les entourait n’était pas assez net pour avoir une quelconque saveur.

En fait, il n’y avait ici que la pâle lueur bleue et blanche de la vitre gelée, et la présence rassurante de Victoria qui avait pourtant si froid. Au-delà, seulement le néant, l’air gris, la pluie et le chagrin.

Pour faire sourire Victoria, Terrence plongea son regard malin dans les yeux verts de sa moitié, posa ses deux doigts sur la vitre et, rapidement, les écarta en les faisant glisser contre la buée, formant deux traits obliques qui se faisaient face. Pour une raison inconnue, cela la fit effectivement rire et elle porta sa main au bas de son visage pour le cacher.
Un frisson la parcouru et son sourire s’effaça, elle grimaça, se mordît la lèvre et s’enfouit plus profondément dans son manteau.
Elle regarda longuement les deux traits qui se dessinaient sur la vitre. Le temps semblait infini, peut-être l’était-il à ce moment là.

Puis, tout à coup, elle eu une idée. Timidement, elle tendit la main vers la vitre, écarta les doigts autant qu’elle le pouvait, et les plaçant en bas des deux traces qui étaient déjà présentes, elle glissa verticalement jusqu’à ce que son allonge ne le lui permette plus.

« Eh ! », s’exclama Terrence, faussement indigné.

A nouveau, Victoria sourît et plongea son regard dans la lueur terne de la vitre gelée.

Elle se tourna vers Terrence et se mit à murmurer :

« Et si… si ce dessin devenait le symbole d’un nouveau monde ? »

Devant l’incompréhension de Terrence, elle continua :
« Imagine que nous construisions un nouveau monde à tous les deux. Loin de l’oppression, loin de la mort… loin de la Fédération… »

Elle frissonna.

« …et surtout loin du froid. Nous pourrions vivre heureux et puis, pourquoi pas porter ce dessin comme s’il s’agissait de notre drapeau ! »

Terrence sourît et scruta le fin fond des pupilles de Victoria.

« Oui. Il faudra soumettre l’idée si quelqu’un s’en va ailleurs et nous emmène avec lui », dit-il avec ironie.

Elle soupira.

« Eh bien, je crois qu’il est temps de sortir. Laissons cette œuvre ici, qui sait ce que quelqu’un pourrait en faire ? »

Terrence et Victoria se levèrent et se dirigèrent vers la sortie de la navette. Cette dernière ralentit rapidement et s’arrêta un instant. La porte coulissante s’ouvrît, Terrence posa sa main sur l’épaule de Victoria et l’invita à sortir. Ensemble, ils descendirent, et le dessin s’en alla dans le néant, l’air gris, la pluie et le chagrin.





Mais là-bas, tout était finalement d’une beauté absolue. Loin dans l’espace au dessus d’Aether, des courants de lumière dansaient entre eux avec légèreté. Alors que le soleil se couchait et que des nuages noirs et lourds s’amassaient à l’horizon et assombrissaient davantage l’atmosphère, le ciel se réveillait enfin et mettait à nu toute sa splendeur. Un océan de lumière entourait la planète. Des comètes apparaissaient, filaient au loin et disparaissaient en un éclair. Quelques astéroïdes lévitaient en apesanteur et entraient parfois en collision, brisant le silence avec un grondement sourd [...]


---------------
Après cette partie qui montre Terrence contemplant la super-arme (encore une description pas facile), le chapitre contiendrait deux autres parties : une première constituant un dernier flashback assez horrible, montrant comment Victoria est morte atrocement lors d'une répression sanglante suite à une action anti-fédération à laquelle Terrence et Victoria ont participé, ce premier étant arrêté et mis en prison avant d'être transféré dans un lieu de liberté conditionnelle d'où il s'échappera, et une deuxième où Terrence, sur Aether, repense à ce qu'il a déjà fait (génocide entre autre) et pourquoi il l'a fait, et explique certains éléments de l'univers (notamment l'origine du symbole d'Aether).

Voilà, que pensez-vous de ce début, et que me conseilleriez-vous de faire pour faire une deuxième partie de qualité ? (je ne suis pas très satisfait pour le moment)
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Dernière édition par Jaze le Jeu 5 Juil - 23:33 (2012); édité 2 fois
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MessagePosté le: Lun 2 Avr - 10:49 (2012)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 2 Avr - 12:12 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Moi ça ne me semble pas mal, après, je ne suis pas bon juge sur les travaux littéraires.
Pour ce qui est des conseils, je ne sais pas quoi te dire pour le moment, car j'ignore dans quel cadre s'inscrit la nouvelle... Je pense qu'on sera plus à même de faire une lecture critique quand l'univers se sera un peu étoffé et qu'on connaîtra mieux ton background.
En tout état de cause, je pense que tu ne peux pas échapper aux spoils. Si ton arc littéraire doit être développé au sein de l'association, les participants et responsables d'ateliers ne pourront pas travailler efficacement avec toi si tu maintiens tous les moments forts de ton histoire en zones d'ombre. Nous ne serons pas ton "public" au sens où on t'apporte notre aide et où on publie les projets dans l'univers de Secteur 11.

Par contre ton écrit n'a rien à voir avec le jdr, donc je déplace le topic en section littérature, partie Vos travaux. Wink
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Mais pas trop.


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MessagePosté le: Lun 2 Avr - 12:29 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Oui il s'agit d'un texte un peu à part, pour poser une ambiance on va dire. Je l'avais mis dans l'Atelier car c'est le genre de petits textes que je verrais bien agrémenter le livre de jeu.
J'admet que la compréhension de la scène n'est pas évidente hors contexte.

Par contre je n'ai pas compris ta remarque sur les spoils. En fait, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis, mais si j'ai mis le texte dans une balise [hide], c'est simplement pour avoir un post court qui se déroule pour celui qui souhaite lire pour ne pas prendre trop de place sur le forum, et faciliter la lisibilité des autres posts. Et s'il manque la fin, c'est parce que je ne l'ai pas écrite, comme je l'ai dit.
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MessagePosté le: Lun 2 Avr - 12:52 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Non je parlais de ta volonté initiale de maintenir les les moments clés de l'intrigue sous silence. Mais c'est plus trop d'actualité donc ne fais pas gaffe. Wink
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MessagePosté le: Mar 3 Avr - 11:20 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Je te ferais un com' détaillé d'un ou des paragraphes (selon le temps que j'aurais) dès que possible. A priori c'est bien écrit, malgré quelques tournures "lourdes" de ci de là que tu pourras corriger.
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MessagePosté le: Mar 3 Avr - 11:31 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Des fois j'ai aussi l'impression de passer trop vite sur certains passages, mais je ne veux pas alourdir davantage (c'est un peu contradictoire du coup), et je me demande si c'est trop court ou trop long ou si c'est bien équilibré au niveau des descriptions.
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Loreena Ruin
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MessagePosté le: Mer 4 Avr - 07:36 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Oki ; dans ce cas j'axerai mes remarques là dessus.

EDIT



La neige crissait sous leurs pas. Les cristaux glacés(,) qui, doucement, retombaient des arbres en de petits tourbillons immaculés venaient se déposer sur la chevelure => "dans les cheveux" (auburn) de Victoria, et fondre en silence. Des gouttelettes s’accrochaient à son visage avant de couler le long de son cou, ou d’être absorbées par son écharpe rouge à moitié détruite => la formulation est étrange, "détruite" correspond à un édifice, ou à une construction, pas à une écharpe/un tissu.
La splendeur des platanes blancs et de leurs branches mortes n’avait d’égal que la beauté de son visage => c'est totalement CLICHÉ !, et la résonnance de son rire franc suffisait à briser le calme apparent de (toute) la rue.

Les pas qu’ils faisaient dans la couche neigeuse => oui, "dans la neige" c'est bien aussi, hein... mettaient parfois à découvert des morceaux de pavés tantôt gris, tantôt rosâtres. Des nuages s’amoncelaient et camouflaient les pâles rayons du soleil, avant de se désagréger et de disparaître pour toujours => trop mélodramatique sans raison, "au loin" suffirait.

Un petit oiseau aux ailes bleues et au ventre blanc vint se (dé)poser sur une branche située non loin et jeter => "jeta" quelque chose dans son nid. Victoria ne put s’empêcher de le scruter longuement, de l’analyser et de suivre (le moindre de) ses mouvements, avant de le pointer du doigt. Elle le regarda ensuite s’envoler et s’éloigner jusqu’à ce qu’une bourrasque de vent ne vienne perturber sa vue => formulation maladroite, fais plus simple^^ et la faire cligner (fortement) des yeux.

Il leur restait au moins une heure avant le début du couvre-feu et au moins trois (heures) avant la tombée de la nuit, de quoi profiter encore de la journée.

Ils continuèrent de progresser dans la rue mais n’y croisèrent personne => l'utilisation du "mais" est incorrecte : un adjectif du genre "vide" pour qualifier la rue (ou une relative du genre "où il n'y avait personne") passerait mieux. Victoria sentit une main se propager le long de son dos et frissonna, puis referma le haut de son manteau gris et vert foncé à l’aide de ses mains nues pour se protéger davantage du froid => là on se demande carrément si la première main est une image pour le froid qui se propage ou s'il s'agit de la main de son compagnon, c'est pas clair du tout et on ne comprend pas, si c'est la deuxième solution, pourquoi tu parles du froid après avoir parlé de la main, bref !. Un pas après l’autre, doucement, ils foulaient le sol encore pur et se laissaient envahir par la douceur de ce moment.

Après trente minutes de marche lente, les jeunes amoureux débouchèrent sur un embranchement menant à un quartier qui leur était interdit, et se mirent d’accord pour rebrousser chemin et esquisser dans la neige le début de leur retour => belle tournure (chez eux).

Victoria brisa à nouveau le silence assourdissant de la rue avec une blague => le "silence assourdissant" c'est pas terrible comme image mais en plus l'image est totalement gâchée par le "avec une blague" qui est très familier., et alors qu’elle continuait par son discours habituel sur la liberté, auquel elle ajoutait parfois une pointe d’énervement, une main posée sur son visage lui proposa d’en arrêter là => what !? attention : "de s'arrêter là" et "d'en rester là". et de profiter à nouveau de l’ambiance hivernale (qui les entourait).

Devant être rentrés avant le début du couvre-feu, ils accélérèrent (leur => la cadence), et bien que cette nouvelle allure réchauffait => bien que + subjonctif ! peu à peu leurs corps, un souffle froid leur arrivant de face s’engouffra => j'aurais plutot mis de l'imparfait car c'est de la description "s'engouffrait". dans leurs vêtements et glaça => "glaçait" leur peau. Victoria en rit, avant de secouer doucement la tête en regardant ses pieds, et alors que => "tandis que" son sourire disparaissait, son visage devint flou et la brume avala les arbres, la route pavée et le ciel bleu.


Globalement c'est une belle description, un beau moment, avec une ambiance habilement travaillée. Je suis très agréablement surprise. Par contre, dans l'esprit "nouvelle" ce passage onirique est clairement trop long (je n'ai pas besoin de lire le reste pour le savoir) : il aurait davantage sa place dans un chapitre de livre... alors que lorsqu'on est dans une nouvelle, il faut manier l'art du peu, l'ellipse etc... bref, résumer ce songe en quoi ? 6 lignes grand maximum voire moins, pour se recentrer sur l'action. Mais je trouverais cela dommage vu la qualité du passage. Je pense que ce début n'est simplement pas adapté au format "nouvelle" que tu as choisi.
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Dernière édition par Loreena Ruin le Jeu 5 Avr - 15:23 (2012); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 5 Avr - 15:20 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Hum, désolée, le fluo c'était ptet pas une bonne idée ><
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MessagePosté le: Jeu 5 Avr - 15:31 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

xD
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MessagePosté le: Jeu 5 Avr - 17:24 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Je te remercie pour tes remarques (!) avec lesquelles je suis plutôt d'accord (par contre j'aime bien le "pour toujours" mélodramatique, c'était voulu, mais à voir).
Pour la "troisième main", il s'agit en effet de la main de son compagnon, je vais donc clarifier ce passage.
Pour l'écharpe détruite, j'ai remarqué que c'était habituel en l'écrivant et c'était un peu fait exprès, je ne pensais pas que c'était tellement étonnant.

Sinon, j'ai encore une fois mal choisi mes mots et il ne s'agit en effet pas d'une nouvelle (qui est censée raconter une histoire "complète" on va dire) mais plutôt d'un texte, d'un chapitre.

Merci encore pour les remarques. J'attends avec impatience la suite =) (je continue à travailler sur le texte)
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 13:02 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

J'ai fini. Je n'ai pas encore fait les corrections de la première partie par rapport aux remarques de Lisa donc les imperfections sont encore là.

J'attends avec impatience vos impressions et remarques !


Du fond du coeur



La neige crissait sous leurs pas. Les cristaux glacés qui, doucement, retombaient des arbres en de petits tourbillons immaculés venaient se déposer sur la chevelure auburn de Victoria, et fondre en silence. Des gouttelettes s’accrochaient à son visage avant de couler le long de son cou, ou d’être absorbées par son écharpe rouge à moitié détruite.
La splendeur des platanes blancs et de leurs branches mortes n’avait d’égal que la beauté de son visage, et la résonnance de son rire franc suffisait à briser le calme apparent de toute la rue.

Les pas qu’ils faisaient dans la couche neigeuse mettaient parfois à découvert des morceaux de pavés tantôt gris, tantôt rosâtres. Des nuages s’amoncelaient et camouflaient les pâles rayons du soleil, avant de se désagréger et de disparaître pour toujours.

Un petit oiseau aux ailes bleues et au ventre blanc vint se déposer sur une branche située non loin et jeter quelque chose dans son nid. Victoria ne put s’empêcher de le scruter longuement, de l’analyser et de suivre le moindre de ses mouvements, avant de le pointer du doigt. Elle le regarda ensuite s’envoler et s’éloigner jusqu’à ce qu’une bourrasque de vent ne vienne perturber sa vue et la faire cligner fortement des yeux.

Il leur restait au moins une heure avant le début du couvre-feu et au moins trois heuresavant la tombée de la nuit, de quoi profiter encore de la journée.

Ils continuèrent de progresser dans la rue mais n’y croisèrent personne. Victoria sentit une main se propager le long de son dos et frissonna, puis referma le haut de son manteau gris et vert foncé à l’aide de ses mains nues pour se protéger davantage du froid. Un pas après l’autre, doucement, ils foulaient le sol encore pur et se laissaient envahir par la douceur de ce moment.

Après trente minutes de marche lente, les jeunes amoureux débouchèrent sur un embranchement menant à un quartier qui leur était interdit, et se mirent d’accord pour rebrousser chemin et esquisser dans la neige le début de leur retour chez eux.

Victoria brisa à nouveau le silence assourdissant de la rue avec une blague, et alors qu’elle continuait par son discours habituel sur la liberté, auquel elle ajoutait parfois une pointe d’énervement, une main posée sur son visage lui proposa d’en arrêter là et de profiter à nouveau de l’ambiance hivernale qui les entourait.

Devant être rentrés avant le début du couvre-feu, ils accélérèrent leur cadence, et bien que cette nouvelle allure réchauffait peu à peu leurs corps, un souffle froid leur arrivant de face s’engouffra dans leurs vêtements et glaça leur peau. Victoria en rit, avant de secouer doucement la tête en regardant ses pieds, et alors que son sourire disparaissait, son visage devint flou et la brume avala les arbres, la route pavée et le ciel bleu.

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Terrence se releva et grimaça en essayant de se protéger du sable qui lui arrivait dans le visage. Il frotta avec sa main droite son long manteau de cuir brun foncé pour le dépoussiérer, le réajusta, et se remit en marche. Derrière lui, les grands bâtiments de métal s’effaçaient peu à peu dans la pénombre et le sable. La sirène retentit alors, les notes graves qu’elle dégageait se mêlaient au son du vent qui soufflait et du gravier qui venait s’écraser contre la lourde porte de titium, et lorsque Terrence se retourna pour regarder le mur d’enceinte de la base planétaire, il aperçu le gyrophare vert vif se mettre en marche et accompagner le rythme lent de l’alarme.

Bien que la chaleur étouffante d’Aether le faisait suer, et que son atmosphère terriblement lourde perturbait sa respiration, il ne s’arrêta pas de marcher et longea l’épave de frégate à moitié ensevelie qui lui était apparue.

La semelle de ses chaussures frottait le gravier et le sable, et grinçait de moins en moins fort à mesure que sa cadence ralentissait. Il contempla l’espace aride qui s’offrait à lui, la roche brune qui se ternissait alors que le soleil se couchait davantage, le sable qui dansait sa valse mortelle au dessus du sol, les maigres plantes qui mourraient, cachées par l’air devenu flou à cause de la chaleur, et soupira une fois, puis une deuxième.

Il se dirigea sur sa droite, vers la petite colline, et quand il progressa, il entendit des bruits d’explosion, de laser et de blindage qui se perce. Ils venaient de partout et de nulle part à la fois, et se brouillaient de temps en temps. Peut-être que son esprit lui jouait des tours, en tout cas, le vacarme de la mécanique et de la guerre n’était finalement plus qu’une habitude pour tous ceux qui menaient la même vie que lui ici.

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Le vent soufflait toujours plus fort et le sable l’agressa encore. Terrence passa lentement la main le long de sa nuque irritée, derrière ses cheveux noirs d’ébène déjà trop longs pour lui.
Un petit tourbillon de sable se forma non loin. Terrence le regarda s’élever peu à peu et avaler d’autres particules pour grossir.
Il posa ensuite le regard en contrebas, puis, entendant un bruit sourd s’approcher de lui, il anticipa le coup de vent et, se laissant dépasser par le sable qui s’envolait alors, il tendit timidement la main pour briser les filaments ocres qui tentaient de rejoindre la voûte céleste dominant la planète.

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Mais sa main atterrit dans les cheveux de Victoria. Il tendit la tête derrière la sienne, saisit la brindille coincée entre ses mèches et l’enleva proprement de sa chevelure.

« Il fait meilleur ici, non ? », demanda-t-elle.

Terrence conserva son air songeur et acquiesça. Lorsqu’ils parlaient, de la fumée sortait de leur bouche et de la buée se formait sur la vitre gelée qu’ils collaient presque.

Bien que les navettes communes fussent le seul moyen de transport ici, le véhicule était presque vide. De vagues silhouettes grises faisaient parfois leur apparition, puis s’effaçaient avant même que leur présence ne puisse être remarquée.
A l’extérieur, l’on pouvait apercevoir le défilé monotone des platanes morts, des navettes blanches et des immeubles de pierre. Des taches grises se déplaçaient sans but et ce qui les entourait n’était pas assez net pour avoir une quelconque saveur.

En fait, il n’y avait ici que la pâle lueur bleue et blanche de la vitre gelée, et la présence rassurante de Victoria qui avait pourtant si froid. Au-delà, seulement le néant, l’air gris, la pluie et le chagrin.

Pour faire sourire Victoria, Terrence plongea son regard malin dans les yeux verts de sa moitié, posa ses deux doigts sur la vitre et, rapidement, les écarta en les faisant glisser contre la buée, formant deux traits obliques qui se faisaient face. Pour une raison inconnue, cela la fit effectivement rire et elle porta sa main au bas de son visage pour le cacher.
Un frisson la parcouru et son sourire s’effaça, elle grimaça, se mordît la lèvre et s’enfouit plus profondément dans son manteau.
Elle regarda longuement les deux traits qui se dessinaient sur la vitre. Le temps semblait infini, peut-être l’était-il à ce moment là.

Puis, tout à coup, elle eu une idée. Timidement, elle tendit la main vers la vitre, écarta les doigts autant qu’elle le pouvait, et les plaçant en bas des deux traces qui étaient déjà présentes, elle glissa vers le bas jusqu’à ce que son allonge ne le lui permette plus.

« Eh ! », s’exclama Terrence, faussement indigné.

A nouveau, Victoria sourît et plongea son regard dans la lueur terne de la vitre gelée.

Elle se tourna vers Terrence et se mit à murmurer :

« Et si… si ce dessin devenait le symbole d’un nouveau monde ? »

Devant l’incompréhension de Terrence, elle continua :
« Imagine que nous construisions un nouveau monde à tous les deux. Loin de l’oppression, loin de la mort… loin de la Fédération… »

Elle frissonna.

« …et surtout loin du froid. Nous pourrions vivre heureux et puis, pourquoi-pas porter ce dessin comme s’il s’agissait de notre drapeau ! »

Terrence sourît et scruta le fin fond des pupilles de Victoria.

« Oui. Il faudra soumettre l’idée si quelqu’un s’en va ailleurs et nous emmène avec lui », dit-il avec ironie.

Elle soupira.

« Eh bien, je crois qu’il est temps de sortir. Laissons cette œuvre ici, qui sait ce que quelqu’un pourrait en faire ? »

Terrence et Victoria se levèrent et se dirigèrent vers la sortie de la navette. Cette dernière ralentit rapidement et s’arrêta un instant. La porte coulissante s’ouvrît, Terrence posa sa main sur l’épaule de Victoria et l’invita à sortir. Ensemble, ils descendirent, et le dessin s’en alla dans le néant, l’air gris, la pluie et le chagrin.

---

Terrence leva les yeux et admira la voûte céleste. Loin dans l’espace au dessus d’Aether, des courants de lumière dansaient entre eux avec légèreté. Alors que le soleil se couchait et que des nuages noirs et lourds s’amassaient à l’horizon et assombrissaient davantage l’atmosphère, le ciel se réveillait enfin et mettait à nu toute sa splendeur. Un océan de lumière entourait la planète. Des comètes apparaissaient, filaient au loin et disparaissaient en un éclair. Quelques astéroïdes volaient en apesanteur et entraient parfois en collision, brisant le silence avec un grondement sourd. Les étoiles brillaient de mille feux, à moitié noyées dans les rivières colorées qui se croisaient.

Terrence grimaça, en colère, triste, puis cligna des yeux en essayant d'amener des larmes qui ne vinrent pas. Il baissa légèrement la tête et observa dans le détail la superstructure qui dormait dans le lac de pierres.

Un cercle de métal de plusieurs kilomètres entourait et protégeait le cœur mortel du système. Plusieurs étages s’imbriquaient les uns dans les autres, et, repliés, formaient une carapace dense. Les quelques rayons de lumière qui parvenaient encore jusqu’ici mettaient en évidence les lourds tuyaux conducteurs d’énergie qui parcouraient la surface de la super-arme, rentraient en son sein puis ressortaient ailleurs, dormant mais néanmoins prêts à recevoir le souffle mortel qui pouvait détruire les mondes.
Quant au module logistique caudal, il était couvert en partie par le corps du monstre qui reposait sur celui-ci en le mettant à l’épreuve de son poids.

Terrence s’apaisa, mit les mains dans le dos, écarta légèrement les pieds, et détourna son regard du vaisseau pour se concentrer sur l’horizon. A ses oreilles ne parvenaient plus que les sifflements des fées célestes qui faisaient leur apparition et les grondements des golems de pierre aériens qui continuaient de se détruire.
Il prit une profonde inspiration et s’abandonna à l’ambiance nocturne de sa planète infernale. Lentement, il arrêta de penser, ne ressentant même plus le battement de son cœur ni l’irritation du sable sur sa peau. A des milliards de kilomètres, loin d’ici, des hommes et des femmes donnaient la vie et d’autres se faisaient tuer.

Sans vraiment savoir ce qu’elle faisait là, Terrence sentit une goutte couler le long de sa joue et l’essuya avec le dos de sa main. Il porta cette dernière à ses yeux et reconnut la couleur vive du sang frais. Une deuxième goutte de sang tomba sur son front, puis une troisième, puis une quatrième, et puis ce fut toute une giclée de sang rouge qui lui arriva au visage.

---

Il n’entendait plus rien. Tout était devenu pourpre, la route, les arbres et même le ciel. Il hurla de toutes ses forces et pleura de tout son cœur, même s’il savait qu’elle ne l’écouterait plus jamais. Son âme abandonnait peu à peu son corps alors qu’il continuait de regarder la gueule explosée de Victoria.

Il voulait courir vers elle pour la toucher ou la protéger mais deux silhouettes grises et blanches maintenaient fermement ses bras dans son dos. Alors il hurla, il hurla, et sentit doucement l'audition lui revenir. Autour de lui se trouvaient le chaos, la mort et le chagrin. La manifestation s’était soudainement transformée en carnage et le sang pleuvait sur les citoyens qui s’agitaient comme des fourmis en détresse, matés par les silhouettes grises et blanches qui submergeaient la place publique d’Anastasia.

Le cœur de Terrence battait à tout rompre, lui perçant presque la cage thoracique, sa respiration devenait lourde et pénible et ses muscles commençaient à le lâcher. Il laissa tomber sa tête, fit sortir plus de larmes qu’il n’en avait jamais eues et sentit ses jambes trembler à cause du choc qu'il venait de subir.

Mais l’instinct de survie finit par le dominer et le contrôler. Il envoya un violent coup de coude dans le visage d’un des soldats de la Fédération qui se tenaient derrière lui puis se retourna et lui claqua la carotide. Il fit alors face au deuxième soldat et tenta de lui asséner son poing dans le ventre mais fut stoppé net par la silhouette qui attrapa ses poignets avec fermeté et entreprit de le renverser en arrière. Terrence lutta de toutes ses forces et entendit son dos craquer, il mit alors dans ses muscles tout l’amour, la haine et l’espoir qu’il possédait encore, fut-ce en vain.

L'espace d'un instant, il reçut un jet de sang dans les yeux, sa vue se brouilla et il tomba en arrière.
Après avoir repris ses esprits, il se jeta par-dessus le cadavre gris et blanc pour atteindre le corps criblé de Victoria et ramassa un collier d’argent qui gisait à côté. Il ne prit pas le temps de poser une dernière fois le regard sur elle et se releva rapidement pour tenter de s’échapper vers les rues d’Anastasia.

Agressé par des flashs rouges vifs provenant de ses yeux qui commençaient à dysfonctionner, il avança par saccades, droit devant lui, tentant de gagner la bordure de la place fédérale. D’autres civils se joignirent à lui et, ensemble, ils arrivèrent à repousser les quelques soldats venus pour les tuer et à s’enfuir du chaos ambiant.

Dans les rues de la planète capitale de la Fédération des Secteurs, les proies coururent à en perdre haleine, les tirs fusaient et des râles d’agonie retentissaient régulièrement. La course de Terrence fut stoppée net par un rayon d’énergie aussi fin qu’une aiguille qui lui éclata le genou. Ses mains furent liées par un mécanisme de métal, et, alors que des silhouettes grises et blanches le trainaient sur les pavés souillés de la ville, il emporta avec lui quelques dernières images d’Anastasia.

---

La vue lui revint mais ses jambes tremblaient encore. Portant la main à son visage, Terrence écrasa lentement une larme qui apparaissait au coin de son œil droit, une larme qui provenait probablement de l’irritation subie à cause de l’air chaud et poussiéreux d’Aether. Le soleil avait finit par disparaître et, en dehors des étoiles et des comètes, seule la lumière verte intermittente du gyrophare d’alerte de la base éclairait encore le sol.

Terrence n’avait pas vraiment la force de se déplacer. Il resta debout un moment, contemplant indéfiniment le paysage tout entier qui s’offrait à lui. Le vent se leva et rafraîchit son visage couvert de sueur et de poussière. Cela lui rappela à la fois les bourrasques humides de Venytaria, la glace de Winteredge et les calmes brises de Symphonie. Il pensa alors aux millions d’êtres humains qui, un jour, lui crièrent à l’aide avant de se taire brusquement et de mourir dans le néant, la neige et le chagrin.

D’un coup, la sirène s’arrêta et Terrence sut qu’il était temps pour lui de rebrousser chemin et de rentrer à la base pour se préparer au conflit à venir. La force du vent grandit encore et une tempête de sable commençait à l’entourer. Tout était en train de devenir noir autour et Terrence ne pouvait quasiment plus distinguer le mur d’enceinte vers lequel il se dirigeait. En approchant, il aperçut l'un des drapeaux verticaux bruns et beiges accrochés aux barres de métal, avec le symbole en forme de Y, qui marquaient l’entrée du quartier général.

La tempête de sable l’engloutissait presque mais il n’y prêta pas attention et, perdu dans ses pensées, il franchit la double porte de titium qui commençait à lentement se refermer.

Demain, peut-être pourrait-il enfin la rejoindre.




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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 14:12 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

J'ai lu avec curiosité et j'ai trouvé ça très plaisant.

Comment comptes-tu faire diffuser cees nouvelles? Par le site? Avec le livret de scénarii?
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 14:24 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

Merci d'avoir pris le temps de lire !

A la base, je voulais écrire cette scène que j'avais en tête car je la trouvais plutôt émouvante, que j'avais envie de la partager et qu'elle permettait d'en savoir un peu plus sur les motivations et le passé de Terrence qui se montre souvent dur et qui venait d'ailleurs de détruire une planète, même si elle n'est pas forcément facile à comprendre lorsqu'on lit le chapitre comme ça.

Le texte pourra agrémenter le jdr par exemple, et je ne suis pas contre le diffuser indépendamment, c'est à voir Wink
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 14:28 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

C'est toujours sympathique d'avoir un supplément de ce genre. Ca aide à se fondre dans l'univers d'un jeu et ça permet aussi d'en cerner l'essence. Tout type de diffusion est envisageable. Ca pourrais aussi motiver des gens à jouer au jeu.
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MessagePosté le: Jeu 5 Juil - 23:32 (2012)    Sujet du message: Du fond du coeur (Secteur 11) Répondre en citant

J'ai effectué quelques corrections :

- rajouts ou retraits de virgules.
- changement dans une phrase : "La force du vent grandit encore et une tempête de sable commençait à l’entourer. Tout commençait à devenir noir autour et [...]" ---> "La force du vent grandit encore et une tempête de sable commençait à l’entourer. Tout était en train de devenir noir autour et [...]" (ça faisait deux fois chacal commençer).
- j'ai modifié certaines choses de la première partie par rapport aux remarques de Lisa mais je ne les ai pas encore toutes prises en compte.

Et je n'aime pas trop cette phrase : "Alors il hurla, il hurla, et sentit doucement l'audition lui revenir." Je trouve que le rythme, la façon dont ça sonne, ne sont pas bons (accessoirement il y a un autre "sentit" un peu après). Je réfléchis à une autre tournure.
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